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Temple de Kali

« Voir Dieu en toute chose, voilà le véritable bhava de la puja » Amma

15 mai 2014 – Amritapuri – Source

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C’était la veille du départ d’Amma pour deux mois de tour au Japon et en Amérique du Nord. Elle avait réuni tous les ashramites dans le Temple de Kali pour une dernière réunion. Après avoir abordé différents sujets administratifs et relatifs au séva, Amma posa soudain la question suivante : « Quel est l’intérêt de faire une puja ? » Apparemment, quelqu’un avait déclaré que l’on n’avait pas besoin de puja (rituel d’adoration) dans un ashram où l’on se concentre sur l’Atma-Vicara – la Contemplation du Soi.

Amma dit ceci : « Quand nous sommes enfants, nous apprenons ce qu’est un perroquet en regardant une image. Une fois que nous savons ce qu’est un perroquet, l’image cesse d’être nécessaire. De même, chaque apprentissage comporte plusieurs étapes. Ainsi, la puja est aussi une autre façon de se concentrer sur la conscience universelle. »

Amma demanda alors à des brahmacharis qui font des pujas comme une pratique de service désintéressé de témoigner. L’un d’eux confia qu’Amma lui avait toujours dit que c’était l’attitude avec laquelle il réalisait la puja qui était l’élément le plus important. Il partagea ceci : « Faire une puja avec l’attitude juste apporte du bonheur à la fois au pujari et à celui qui a demandé la puja. Quand nous faisons une puja, nous commençons par réciter le Samarpanam pour dédier la pratique à la conscience universelle. Cette façon de faire une puja calme le mental. Même les ashrams consacrés exclusivement à l’étude de l’Advaïta acceptent la puja comme une étape pour purifier le mental. »

« C’est exact, reprit Amma, l’Advaïta est la fondation. Même Sankaracharya, qui a répandu l’Advaïta, a consacré beaucoup de temples dans lesquels on devait faire des pujas. Il n’a jamais rejeté le principe la puja.

Le but de la puja est de nous aider à contrôler le mental. Comme le japa (récitation du mantra), la puja est une forme de concentration. Si quelqu’un affirme que les pujas sont contraires à l’Advaïta, parce que cela implique l’identification à la notion de « je fais », alors la récitation japa du mantra est aussi contraire à l’Advaïta. Dans cette logique, le soi-disant disciple de l’Advaïta ne peut ni pratiquer le japa, ni prier. En effet, toutes ces pratiques spirituelles impliquent une dualité. Sans dualité, il ne peut y avoir ni gourou ni disciple. On ne peut même pas envisager de contempler « Je suis l’Atman » puisque dans ce genre de contemplation, il reste une pensée individuelle limitée, n’est-ce pas ? Même dans mananam (réflexion védantique), il y a la dualité. »

Ensuite Amma se mit à parler des Temples Brahmasthanam construits par le Mata Amritanandamayi Math et consacrés par Amma. « Les temples Brahmasthanam ont été construits parce que les dévots voulaient faire quelque chose qui pourrait les aider à inverser la diminution du nombre de personnes qui consacrent une pièce du foyer à la puja. » dit-elle. « Le but, c’est qu’il y ait des lieux où les dévots puissent se rassembler, participer directement au culte, écouter des satsang, partager de la nourriture prasad, et donner la possibilité aux gens d’aider les défavorisés – aider les enfants des villages pauvres à accéder à l’éducation, prendre soin des aînés négligés … C’est pour cela qu’Amma a construit ces temples. Mais n’oubliez pas ce qui est fondamental : la puja est un moyen de purifier le mental. »

Amma continua en disant : « Voyons la vie elle-même comme une forme de puja. Vivez avec ce bhava de la puja – voyez tout ce que vous faites comme une pratique spirituelle, acceptez tout ce qui vous arrive comme du prasad. Savoir que tout être, toute chose est la manifestation de l’Atman, que l’on vous réprimande ou que l’on vous félicite – ça c’est véritablement l’Advaïta. Apprenons à accepter tout comme une grâce. Ou bien apprenons à voir ce qui est négatif chez l’autre comme le reflet de nos propres défauts. Ce genre d’attitude est le bhava de la puja. Au final, le bhava de la puja, c’est voir le Soi, ou Dieu, en toute chose. Même si c’est difficile au début, petit à petit le sentiment d’unité apparaît. »

« L’escalier n’est nécessaire que pour arriver à l’étage supérieur. Pour Amma, il n’y a rien à rejeter ; tout est accepté dans l’amour. En ce qui concerne les sentiments des autres, les aspirants spirituels devraient apprendre à aimer tout le monde, à respecter tout le monde et à ressentir les difficultés des autres comme si c’étaient les leurs. Certains n’ont pas la chance d’avoir la vie douce. En sachant cela, partagez avec les autres la douceur que vous avez eu la chance de recevoir. »

« Comme le corbeau de la parabole qui devait jeter des cailloux au fond du vase au long col pour pouvoir boire de l’eau, efforçons nous autant que possible d’invoquer Dieu à l’intérieur. Le but est de contrôler notre mental. Les formes multiples de pratiques spirituelles sont toutes des moyens d’atteindre cet objectif commun. Amma ne peut donc en rejeter aucune. Elles ont été établies par les rishis, et les rishis n’étaient pas des idiots. Comme ils voyaient Dieu en tout, ils acceptaient tout – considérant que tout était un bon moyen d’aider le mental à se concentrer. Si on examine en profondeur toutes les pratiques spirituelles – même le simple fait de se chanter des bhajans – vous verrez qu’elles ne sont pas différentes de l’Atman ; ce sont en fait des clés pour nous ouvrir à cette vérité. »

—Sakshi

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Satsang d’Amma au temple de Kali.

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Satsang d’Amma au temple de Kali.

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Satsang d’Amma au temple de Kali.