Archives de catégorie : Actualités

Les pratiques spirituelles vous libèrent

Lundi 7 Avril 2014, Amritapuri, Session de méditation et de questions-réponses au bord de la mer – Source

Question : Amma, comment m’auto discipliner sans être trop dure avec moi-même ?

Amma : Ma fille, si tu veux construire une maison, qu’est-ce que tu vas faire ? Tu vas penser à ce à quoi tu veux qu’elle ressemble, tu vas en parler avec un architecte, faire tous les préparatifs et la construire. Pas vrai ? C’est la même chose si tu veux connaître le Soi. Quand le désir de connaître le Soi se manifestera, tu commenceras à faire toutes ce qu’il faut pour atteindre ce but, et à éviter tout ce qui t’en éloigne. Plus tu nourris d’amour pour le but, plus tu vas comprendre la nécessité des diverses disciplines et pratiques spirituelles. L’amour du but, c’est comme l’essence dans ton réservoir. C’est ce qui donnera l’enthousiasme, l’énergie et la vitalité à tes pratiques.

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Parfois, si la mère ou le père ont quelque chose à faire, ils ne peuvent pas se concentrer exclusivement sur leur enfant. Ils peuvent lui donner des crayons de couleur ou des jouets. De cette façon, l’enfant peut continuer à jouer, et la mère sait où il est, et ce qu’il fait. La mère sait que l’enfant est en sécurité. De même, c’est la nature de l’esprit d’être actif. Les pratiques spirituelles ne sont pas là pour limiter notre liberté mais pour donner à l’esprit une activité qui l’aide et le protège.

En avion, l’hôtesse de l’air va nous faire attacher notre ceinture de sécurité.  Elle n’a rien à y gagner. Elle ne le fait pas pour nous torturer. Elle le fait pour notre sécurité et pour nous protéger. De même, au début, la pratique des disciplines spirituelles peut nous sembler contraignante, mais en fait elle nous donne la liberté – la vraie liberté. L’étude des écritures nous aidera à adopter l’attitude juste envers ces disciplines. Nous comprendrons pourquoi elles sont nécessaires pour atteindre notre but. Nous comprendrons qu’elles ne profitent ni à Dieu ni au gourou ; c’est nous qui avons tout à y gagner. Plus nous comprenons le bénéfice que nous pouvons en tirer, plus nous mettrons de joie et d’enthousiasme dans nos pratiques.

Pour être sûrs d’être correctement préparés pour les examens, beaucoup d’étudiants se font un emploi du temps. Il est utile pour les aspirants spirituels d’en faire autant. Vous avez un objectif – connaître votre Soi véritable. Vous savez qu’il est nécessaire de faire certaines choses pour atteindre ce but. À vous de choisir le nombre de pratiques et la rigueur de votre discipline. Mais une fois que vous avez décidé ce que vous voulez faire, la meilleure façon d’atteindre votre but, c’est de vous faire un emploi du temps et de vous y tenir autant que faire se peut, concrètement.

Si vous avez sur votre mental autant de contrôle que sur votre télé quand vous avez la télécommande en main – alors il n’est pas nécessaire de faire des pratiques spirituelles. Mais la plupart d’entre nous n’en sommes pas là. Les gens sont plutôt comme de vieilles voitures ; les freins ne répondent pas tout de suite. En fait, en général il nous faut un accident pour nous arrêter. Peut-être que nous voudrons témoigner de l’amour à quelqu’un mais nous n’en serons pas capables.

Ne soyez pas tristes de ne pas être aussi disciplinés que vous le voudriez. Faites ce que vous pouvez. Ne soyez pas triste de ce que vous ne pouvez pas faire. Ne vous menez pas la vie trop dure. Ne vous réprimez pas et ne vous jugez pas. Donnez à votre corps la nourriture et le sommeil dont il a besoin. Il n’y a rien de mal à cela. Mais ne vous gâtez pas outrageusement non plus. Vous ferez peut-être des entorses à votre discipline. Il peut arriver que nous tombions. Mais ne nous mettons pas martel en tête pour autant. Quand vous tombez, au lieu de rester allongé par terre en vous disant que c’est reposant, rappelez-vous votre but. Relevez-vous et continuez à avancer. Ne vous avouez jamais vaincus.

Amma à Trissur

Amma a appris en direct de Dieu en servant les autres

29 – 30 Avril – Trissur, Kerala — Bharata Yatra 2014 – Source

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Amma est accueillie avec le Poorna Kumbham par Guruvayoor Tantri.

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Mar Aprem reçoit les bénédictions d’Amma.

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Distibution d’Amrita Nidhi, la pension mensuelle gratuite.

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« Amma est une personne formidable qui travaille nuit et jour pour amener le désir de Dieu à se réaliser. »

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Bhajan.

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Vue de la scène à distance.

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Bhajan.

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Darshan.

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Darshan.

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Darshan.

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Darshan : l’actrice Lakshmi Priya.

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Darshan : la célèbre danseuse Kalamandalam Kshemavati.

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Darshan.

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Amma distribue le dîner prasad  à son arrivée.

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Des petits bouts de choux d’Amrita Vidyalayam effectuent une danse pour Amma.

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Des étudiants récoltent le champ.

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Des étudiants offrent les bottes de riz à Amma.

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Amma apprécie la récolte.

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Amma apprécie la récolte.

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Amma apprécie la récolte.

Amma visite le Temple de Ponnabhagavati

31 mars 2014, Amritapuri – Source

ponnabhagavatiAmma a été invitée au Temple de Ponnabhagavati de Parayakadavu lors du festival annuel du temple.

Le soir, après la méditation et le satsang sur la plage, Amma est partie à pied, suivie de milliers de visiteurs et résidents de l’ashram. Il régnait partout une atmosphère de fête. Les villageois sortaient de leurs maisons en courant pour voir Amma et les dévots se hâter vers le temple.

A son arrivée, Amma a reçu un accueil traditionnel de la part des autorités du temple. Après avoir fait le tour du temple, Amma a effectué l’arati à la murti.

C’était la première fois qu’Amma se rendait au temple depuis sa rénovation, l’année dernière.

Le temple est à dix minutes de marche de l’ashram. Amma a fait l’aller-retour à pied…

De retour à l’ashram, elle s’est dirigée vers le hall principal pour les bhajans du soir.

-Kannadi

La vie spirituelle c’est apprendre à ne plus avoir peur

1er avril 2014 à Amritapuri – Source

14amma4Question : Quand je pense à la loi du karma, j’ai parfois très peur.

Amma : Tout ce qui est né doit mourir un jour. Vous n’êtes pas le corps. Vous n’êtes pas le mental. Alors, pourquoi avoir peur ? Nous devons nous efforcer d’atteindre le dharma, sans peur ; pour cela, il nous faut du courage et de la persévérance.

A l’armée, les soldats subissent un entraînement qui les aide à transcender la peur. Ils doivent courir entre les bombes qui explosent. Ils doivent survivre dans la jungle en mangeant ce qui leur tombe sous la main, même des serpents. C’est l’entraînement qui fait d’eux des soldats dévoués qui n’ont peur de rien. Ils sont prêts à endurer tout cela pour offrir leur vie pour leur pays. Ici aussi, on s’entraîne à ne plus avoir peur. En fait, nous devons avoir encore moins peur que les soldats si nous voulons offrir notre vie au monde. Ayant compris que vous n’êtes pas le corps, vous devriez adhérer au dharma et n’avoir plus peur de rien.

Si vous mettez la main au feu, vous allez vous brûler. Si vous touchez un câble électrique, vous allez vous électrocuter. Peu importe que vous l’ayez fait exprès ou pas. Que nos actions soient conscientes ou non, elles portent toujours des fruits. C’est pourquoi, nous devons faire preuve d’une vigilance parfaite. Nous devrions passer toutes nos actions au crible de la conscience. La conscience peut nous protéger.

Le gourou est comme un « chumatu tangi » (sorte de râtelier sur lequel les voyageurs peuvent déposer leurs bagages). Rien qu’en en voyant un, le voyageur sent déjà sa charge devenir plus légère, juste parce qu’il sait qu’il pourra la déposer à tout moment. Il en va de même en présence du gourou. Nous savons que si notre fardeau devient trop lourd, nous pouvons toujours le déposer. De cette façon, le gourou donne au disciple la force de continuer.

Mes enfants, l’adversité et la mort se présenteront à chacun. Notre prière devrait être : « Puisse mon mental devenir capable de n’héberger que de bonnes pensées et de ne faire que de bonnes actions ». Avec un tel mental, on vit éternellement.

– Sakshi

Rires et sagesse sur la plage

31 mars 2014, Amritapuri – Source

Il était environ 16h15 quand Amma est arrivée à la plage pour la méditation avec les ashramites et les dévots de passage. Après la méditation, elle a demandé à un ashramite allemand de prendre la parole. Il a raconté qu’un jour, en Europe, alors qu’il secondait Brahmachari Shubamrita lors d’un programme, il avait profité d’une séance de questions/réponses pour aller aux toilettes. À son retour dans la salle, tout le monde l’avait regardé en souriant. Il s’était alors rendu compte qu’il avait oublié d’éteindre le micro sans fil qu’il avait sur lui.

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En entendant cette histoire, Amma et toute l’assemblée rirent de bon cœur. Puis Amma déclara : « Mes enfants, il y a quelque chose à apprendre en toute circonstance. De nos jours, nous avons l’information, mais pas le discernement ; nous avons le savoir, mais pas la conscience.

Il y a quelques années, un dévot est venu au darshan en pleurs car il avait été arrêté par la police. Il avait fait de l’urticaire qui l’avait démangé un jour dans le train et il s’était gratté. À quelques gares de là, deux policiers étaient venus l’arrêter. Pourquoi ? Il n’en avait pas la moindre idée. Plus tard il avait appris qu’une dame assise en face l’avait signalé comme pervers. Le pauvre homme ne s’était pas rendu compte de l’endroit qu’il grattait.

Un autre dévot avait un jour raconté une histoire similaire à Amma. Il était allongé dans un train sur la couchette du haut, et il regardait une photo de sa petite amie sur son téléphone portable. Mais la fille qui était assise en dessous avait cru qu’il s’agissait de sa photo. Elle l’avait signalé à la police en disant qu’il l’avait photographiée contre son gré.

Nous avons besoin de conscience. La plupart d’entre nous agissons sans réfléchir. Et ceux d’entre nous qui réfléchissent agissent rarement de façon appropriée. Nous manquons de shraddha (vigilance). Quand vous avez chaud, vous mettez le ventilateur en route, mais s’il n’a pas été bien nettoyé, il va vous envoyer de la poussière et des saletés. Vous remplissez le réservoir d’eau pendant toute une journée, mais le soir il est vide ; pourquoi ? vous n’avez pas vu qu’il était percé sur le côté.

Mes enfants, essayez de faire attention à chaque mot que vous prononcez. Il suffit qu’un Premier Ministre dise un mot de travers pour provoquer une guerre. Les mots sont plus puissants que beaucoup d’entre nous ne le pensent. »

Amma nous a raconté l’histoire suivante à ce propos :

Il était une fois un gourou qui enseignait le chant védique à ses disciples. Absorbé par ce qu’il enseignait, il ne vit pas le roi arriver. Quand il s’en rendit compte, il accueillit le roi. Celui-ci lui demanda : « Répéter tous ces mantras … à quoi bon ? N’est-ce pas une perte de temps ? »

Le visage du gourou se rembrunit. ‘Sortez d’ici ! ‘ dit-il au roi.

Le roi répondit : ‘Pourquoi vous mettez-vous dans une telle colère ? Je n’ai fait que vous poser une simple question.’

Le gourou hurla : ‘Je vous ai dit de sortir d’ici !’

Le roi reprit : ‘Qui êtes-vous pour me parler de la sorte ? Je vous ferai décapiter !’

À ces mots, le gourou sourit en disant : ‘Êtes-vous bien sûr que cela ne sert à rien de répéter des mantras ? S’il n’a fallu que deux mots banals pour faire de vous un meurtrier, imaginez le pouvoir de la répétition réitérée de mantras qui contiennent des bijachakras saturés de la shakti du sankalpa de nos rishis !

« Mes enfants, la conscience est l’essence de la vie spirituelle. »

Cours de peinture sur tissu

Publié le 28 mars 2014 – Source

Parmi tous les programmes d’aide mis en place par Amma dans l’Uttarakhand, les centres de formation professionnelle ont tout de suite été adoptés. Les laboratoires Amachi ont mis au point un programme standard sur ordinateur portable qui a permis de mettre les cours en place très vite. Cette semaine, j’ai assisté à la session finale du cours de peinture sur tissus à Guptakashi. C’était le deuxième groupe de 20 qui achevait cette formation.

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Manifestement très contentes de ce qu’elles avaient appris, les femmes se mirent en file indienne pour montrer ce qu’elles avaient réalisé.

Certaines œuvres étaient destinées à leur usage personnel tandis que d’autres allaient servir d’ échantillons à montrer aux commerçants locaux.

La peinture sur tissus est aussi proposée dans nos centres d’Ukimath et d’Augustiamuni. À Guptakashi, le prochain cours sera un cours d’informatique pour débutants. Je crois savoir que les 20 places sont déjà réservées.

-Scotti

Tour d’Amérique de 2014

(7 avril 2014) – Source

Dates des programmes d’Amma en Amérique du Nord durant l’été 2014 :

Seattle, Washington

23 mai : Programmes publics – matinée et soirée

24 – 26 mai : retraite

26 mai au soir : Cérémonie de l’Atma Puja pour la paix dans le monde (publique)

San Ramon, Californie

28 mai : Programme public (11h00 – 17h00)

29 – 31 mai : Programmes publics – matinées et soirées

31 mai au soir : Cérémonie de l’Atma Puja pour la paix dans le monde (publique)

2 juin au soir : Programme public (non confirmé)

3 juin : Programmes publics – matinée et soirée

4 – 6 juin : retraite

6 juin au soir : Cérémonie de l’Atma Puja pour la paix dans le monde (publique)

Los Angeles, Californie

8 juin : Programme public (11h00 – 17h00)

9 juin : Programmes publics – matinée et soirée

10 – 12 juin : retraite

12 juin au soir : Cérémonie de l’Atma Puja pour la paix dans le monde (publique)

Santa Fe, Nouveau Mexique

15 juin : Programmes publics – matinée et soirée

16 – 18 juin : retraite

18 juin au soir : Cérémonie de l’Atma Puja pour la paix dans le monde (publique)

Dallas, Texas

20 – 21 juin : Programmes publics – matinée et soirée

21 juin au soir : Cérémonie de l’Atma Puja pour la paix dans le monde (publique)

Chicago, Illinois

23 juin : Programme public (11h00 – 17h00)

24 – 25 juin : Programmes publics – matinée et soirée

25 juin au soir : Cérémonie de l’Atma Puja pour la paix dans le monde (publique)

Boston, Massachusetts

27 juin : Programme public – en soirée seulement

28 – 29 juin : Programmes publics – matinée et soirée

29 juin au soir : Cérémonie de l’Atma Puja pour la paix dans le monde (publique)

Washington, D.C

1er et 2 juillet : Programmes publics – matinée et soirée

2 juillet au soir : Cérémonie de l’Atma Puja pour la paix dans le monde (publique)

New York, État de New York

5 juillet : Programme public (11h00 – 17h00)

6 – 7 juillet : Programmes publics – matinée et soirée

7 juillet au soir : Cérémonie de l’Atma Puja pour la paix dans le monde (publique)

Toronto, Ontario (dates non confirmées)

10 juillet Programmes publics – matinée et soirée

11 – 13 juillet : retraite

13 juillet au soir : Cérémonie de l’Atma Puja pour la paix dans le monde (publique)

Le tour Amérique 2014 sur Google Maps

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Nouvelles d’Uttarakhand

Chandrapuri avant et après

Publié le 28 mars 2014. Mots-clés: uttarakhand

Chandrapuri, le village où nous avons débuté les projets de construction de logements lancés par Amma, est en fait composé de deux villages situés de part et d’autre de la Mandakini, jadis reliés par un beau pont suspendu. Nous sommes en train de bâtir des maisons à Batwadi, sur la rive est, en face de Chandrapuri – qui est sur la rive ouest.

Cette semaine, une famille nous a montré quelques rares photos de Chandrapuri datant d’avant les inondations. J’ai essayé de me rendre sur les sites photographiés pour voir ce qu’ils sont devenus aujourd’hui mais beaucoup ont été engloutis. Je n’ai pas pu m’approcher d’avantage.

Avant et après

#1 Le magnifique pont suspendu et la large bande de terre qui s’étendait au-delà ont tout simplement disparu. La maison bleue endommagée que l’on voit encore aujourd’hui était en fait construite très en retrait. Elle était séparée de la rivière par des murs, un large sentier pédestre et des grands arbres. On l’aperçoit en partie derrière la pile gauche du pont.

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#2 Tout ce qui se trouvait sur les 200 mètres en amont de la maison bleue a été détruit : maisons, usines, ainsi qu’un temple populaire dédié à Durga.

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#3 On peut constater l’ampleur des dégâts du haut de la colline qui surplombe la vallée.

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#4 Derrière les maisons longeant la rivière, s’étendaient jadis de fertiles terres agricoles. Désormais on n’en tire plus que du sable.

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D’autres nouvelles de Chandrapuri demain.

– Scotti

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Une chaîne solidaire

Mis en ligne le 23 février 2014. Tag : uttarakhand – Source

Le 23 février dernier, les étudiants japonais ont fait leur première journée entière de séva en Uttarakhand. Le travail du jour consistait à récolter des pierres et du sable dans le lit de la rivière et à les transporter jusqu’au village de Batwadi Sonar afin d’y construire une salle de réunion. Le sable et les pierres constituent les matériaux les plus fréquemment utilisés pour la construction de maisons neuves et on les trouve par chance à portée de main dans le lit de la rivière. La seule difficulté résidait dans le fait qu’il fallait les acheminer jusqu’au chantier, 500 mètres plus haut, par un chemin en lacets très abrupt.

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Les volontaires ont donc commencé dès le matin à se rendre dans le lit de la rivière, à y prendre des pierres aussi grosses que possible et à les transporter, pour les uns sur la tête, pour les autres attachées dans le dos à l’aide de cordes à la manière des porteurs locaux, tandis que d’autres encore les prenaient simplement dans les bras. Au début bien sûr, lorsqu’ils soulevaient une pierre, cela semblait facile et réalisable, mais après plusieurs centaines de mètres d’ascension, le poids de la pierre semblait avoir doublé, et en arrivant au sommet, il leur semblait qu’ils n’auraient pas pu la porter une seconde de plus, sans quoi les bras leur en seraient tombés ! Après quelques allers-retours, la plupart des bénévoles étaient déjà exténués et il semblait évident qu’ils ne pourraient continuer de la sorte bien longtemps.

Quand elles les ont vu arriver au village, les villageoises ont remarqué leur état d’épuisement. Ont-elles été inspirées par les efforts fournis par les étudiants japonais ou ont-elles senti qu’il était temps de venir à la rescousse ? Toujours est-il que les femmes du village ont tout à coup formé une petite escouade et se sont elles aussi dirigées vers la rivière. C’est alors qu’il s’est produit quelque chose de vraiment très beau.

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Malgré la barrière de la langue et deux façons de procéder radicalement différentes, la joie et le sentiment de travailler en équipe sont nés immédiatement. Les étudiants ont été impressionnés en voyant les femmes porter les pierres en équilibre sur la tête et grimper la pente raide sans efforts apparents. Arrivées en haut, elles passaient alors les pierres ainsi transportées aux étudiants, tout cela au milieu des sourires et des rires provoqués par les tentatives de communication – les femmes essayant de prononcer quelques mots en japonais, et les Japonais faisant de même en Hindi.

Après avoir récupéré les pierres apportées par les villageoises, les étudiants ont fait deux équipes, la première se chargeant de parcourir une certaine distance avec les pierres avant de les confier à l’équipe suivante, et ainsi de suite, tout le long de la pente jusqu’à ce que les pierres parviennent au sommet. Ils auraient aimé faire la chaîne mais il n’y avait pas assez de bénévoles pour couvrir la distance.

Lorsque les japonais sont revenus après la pause déjeuner, il était temps pour les villageoises d’aller vaquer à leurs activités quotidiennes habituelles et il a semblé pendant un instant que les étudiants allaient de nouveau se trouver livrés à eux-mêmes face à leur dur labeur. Ils sont redescendus dans le lit de la rivière et se sont mis à remplir des sacs de sable à remonter jusqu’au village. Mais avant qu’ils aient eu le temps de vraiment commencer à transporter les sacs, un nombre croissant de villageois a afflué à la rescousse. Cette fois, c’était au tour des jeunes du village de venir aider à la sortie de l’école.

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En rentrant chez eux, beaucoup d’élèves en uniformes, leurs livres sous le bras, ont croisé les étudiants japonais. En voyant toute cette agitation, ils ont couru chez eux déposer leurs affaires et se changer pour venir aider à leur tour. Une chaîne humaine, forte au bas mot d’une centaine de personnes, s’est mise en place ; tous chantaient et riaient en se passant des sacs de sable de plus en plus haut. Quelle célébration réellement enchanteresse ! Comme la chaîne restait malgré tout trop courte pour atteindre le village, ils faisaient passer une grosse quantité de sacs en bout de chaîne, puis la chaîne se reformait à partir de ce point, et ainsi de suite jusqu’au sommet. Puis toute la chaîne retournait en bas et recommençait. À chaque arrivée de la chaîne au centre du village, un attroupement se formait pour partager l’enthousiasme général. Des enfants en bas âge et des personnes âgées observaient tout cela avec de grands sourires. Les femmes qui avaient apporté leur aide le matin et allaient aux champs couper de l’herbe pour nourrir les buffles marquaient également une pause.

La « fête » du travail se termina enfin tandis que le soleil déclinait derrière les montagnes avoisinantes. Qui aurait pu imaginer que monter la côte en transportant des pierres et des sacs de sable toute la journée pourrait se transformer en célébration ?

La fête continue demain….

– Gautam

Tout le monde aime les défilés

Posté le 23 février 2014. Tags: uttarakhand

En temps normal, la seule et unique route de Chandrapuri est déjà encombrée ; mais si vous ajoutez trois cars d’étudiants japonais, tous les enfants en âge d’aller à l’école, des banderoles, des guirlandes, des tambours et des trompettes, vous aurez un vrai chaos.

Les écoliers ont eu vite fait de se faufiler dans une étroite ruelle entre deux bâtiments. Le défilé a commencé à grimper la pente raide qui mène au collège. La plus grande place de la commune ne suffisait pas à contenir la foule. Il y a eu des discours, des chants et de superbes pancartes de bienvenue brandies par les élèves.

Nous avons redescendu la côte. Comme les bus n’arrivaient pas, notre parade a quitté le village et nous avons continué à défiler, toujours avec les drapeaux et au son des tambours, le long de la bande de route emportée par les eaux, autrefois bordée de centaines de maisons. Une entrée en matière qui montrait parfaitement aux voyageurs pourquoi ils étaient là. Nous sommes allés jusqu’à l’hôtel Monika où tout le monde a pu se restaurer et se reposer.

– Scotti

Effondrement de la route

Publié le 18 février 2014. Mots-clés : uttarakhand – Source

De peur que l’on oublie à quel point les transports sont délicats dans les zones inondées de l’Uttarakhand, la route principale s’est fissurée à seulement quelques centaines de mètres de notre ashram. Au cours des dernières 24 heures, sans qu’il ait plu, le dernier pan de la chaussée s’est effondré. La route est si étroite qu’à une quinzaine de centimètres près, les roues arrières des bus et des poids lourds peuvent glisser dans la rivière. En l’absence de soutènement, ce n’est qu’une question de temps ou d’arrivée de la prochaine pluie avant que la route ne continue de s’effondrer.

La circulation reste cependant normale, comme si de rien n’était. Personne ne s’alarme. Aujourd’hui, il fait beau et advienne que pourra demain. Ainsi va la vie à Chandrapuri.

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– Scotti

Préparatifs pour les étudiants japonais

Publié le 18 février 2014. Mots-clés : uttarakhand – Source

Nous assumons tous des tâches supplémentaires pour préparer l’arrivée des étudiants japonais. J’ai passé ma première journée entièrement consacrée à véritablement travailler sur le chantier de construction. Malgré mes nombreuses erreurs, j’ai été très content de participer activement à la construction de la maison de quelqu’un.

Shishupal (l’homme à droite) participe bénévolement à la construction de la maison de sa fille

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Bunilal et Kamal m’ont empêché de faire trop d’erreurs

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Voici ce qu’on appelle la place du marché, car elle se trouve juste derrière le plus grand quartier commerçant de Chandrapuri. Nous y construirons quatre maisons. Par terre, il y a des tiges d’acier de divers calibres d’une douzaine de mètres de long. Nous devons couper à la bonne longueur les tiges que nos étudiants japonais assembleront pour former les armatures de 33 colonnes de béton, avant de couler le béton.

– Scotti

Le bruit de l’eau

Posté le 18 février 2014. Tags: uttarakhand – Source

Quand on vit au bord d’une rivière, entendre le bruit de l’eau fait partie de la vie. Le pêcheur qui habite sur la côte entend les marées de l’océan comme il s’entend respirer. Celui qui habite au bord du Gange entend le flot ininterrompu du fleuve comme il entend les battements de son cœur. D’habitude, ce fond sonore est une présence constante et stable. Mais telle une soudaine crise cardiaque qui frappe sans prévenir, il arrive que le gargouillis constant et apaisant des flots se change en de chaotiques et violents grondements de rage et de douleur.

La côte du Tamil Nadu et les vallées himalayennes de l’Uttarakhand semblent être aux antipodes. À première vue, ces deux régions situées aux deux extrémités du sous-continent indien semblent n’avoir rien en commun… mais elles ont toutes les deux de l’eau, un flot constant d’eau – et à deux reprises, elles ont eu un excès d’eau tragique.

La dernière fois que j’ai aidé à coordonner la visite des bénévoles japonais, c’était à Nagapattinam, au Tamil Nadu. Les étudiants étaient venus participer aux opérations de secours d’urgence après le Tsunami. Je suis ici en Uttarakhand depuis quelques jours et je ne peux m’empêcher de constater que les dégâts sont similaires.

Il y a tant de scènes surréalistes, des choses sorties de leur contexte habituel : une voiture sur un toit là où il n’y a pas de route, un lit là où il n’y a pas de chambre, les murs d’une maison là où il n’y a pas de fondations. Mais les dégâts invisibles sont encore plus accablants – là où la violence et les ravages du tsunami ont totalement rayé des endroits de la carte – là où il ne reste littéralement plus rien.

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Au-delà de ce qui est visible, il faut s’attarder dans un endroit pour comprendre comment les ravages ont opéré en profondeur. En parlant aux survivants, on apprend que certaines maisons ont été épargnées, mais qu’elles ont perdu un ou plusieurs membres de la famille. On apprend aussi que le propriétaire d’un hôtel a eu la chance de ne pas perdre son gagne-pain, mais ne voit plus aucun touriste parce que désormais les voies d’accès tiennent plus du chemin de randonnée que de la grand-route.

Ainsi, dans ces deux endroits, après le bref mais terrible tintamarre qui a signé la destruction soudaine, l’eau a repris son débit normal et apaisant. Elle est redevenue une composante constante de la normalité que ces gens ont toujours connue. À ce stade, les habitants ont choisi de continuer à vivre, de reconstruire leur vie et de sourire. Pour autant que j’ai pu m’en rendre compte, en quelques jours, dans ces villages de l’Himalaya, comme autrefois dans les régions côtières du Tamil Nadu, les gens ont repris le dessus à une vitesse vraiment surprenante. Quelques mois à peine après une telle catastrophe, nous ne rencontrons ici que chaleur et beauté, tous sourient et rient. C’est facile d’envier la résilience, le courage et la simplicité avec laquelle ces gens font face tous les jours à la vie. Si l’on ne voyait les routes détruites et les débris jonchant les alentours, personne n’imaginerait que ces gens viennent de subir pareille catastrophe.

– Gautam

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Holi 2014

Shyam aaye, Célébrations de Holi

17 Mar 2014, Amritapuri – Source

holi01Comme tous les lundis lorsqu’elle est à Amritapuri, Amma est venue méditer sur la plage Ayurveda, dans l’après-midi. Après la méditation, comme c’était le jour de la célébration de Holi, elle a demandé aux dévots d’expliquer le sens de cette fête spéciale, la fête des couleurs.

Un des dévots donna une explication, puis d’autres s’approchèrent d’Amma avec un plateau plein de poudres de différentes couleurs. L’un d’entre eux tamponna doucement la joue d’Amma avec de la poudre de santal colorée, suivi par d’autres qui se mirent à barbouiller le visage d’Amma de diverses couleurs : du rose, du jaune, du vert, de l’orange, du bleu… Amma rayonnait de joie, arborant un sourire malicieux ; des « Mata Rani Ki … Jai » retentirent.

A son tour, elle barbouilla les visages autour d’elle de poudres de différentes couleurs. Tous les visages s’illuminèrent de joie.

On tendit à Amma un « pichkari » (pistolet à piston) et elle aspergea les visages qui l’entouraient d’eau colorée.

Puis Amma se mit à chanter « Ayi he holi ». Tout le monde reprit en chœur en applaudissant joyeusement… Un nouveau moment mémorable en compagnie d’Amma, gravé dans les cœurs et les âmes de tous ceux qui étaient là.

– Kannadi

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