Archives de catégorie : Blog e-Amritapuri

Cours de peinture sur tissu

Publié le 28 mars 2014 – Source

Parmi tous les programmes d’aide mis en place par Amma dans l’Uttarakhand, les centres de formation professionnelle ont tout de suite été adoptés. Les laboratoires Amachi ont mis au point un programme standard sur ordinateur portable qui a permis de mettre les cours en place très vite. Cette semaine, j’ai assisté à la session finale du cours de peinture sur tissus à Guptakashi. C’était le deuxième groupe de 20 qui achevait cette formation.

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Manifestement très contentes de ce qu’elles avaient appris, les femmes se mirent en file indienne pour montrer ce qu’elles avaient réalisé.

Certaines œuvres étaient destinées à leur usage personnel tandis que d’autres allaient servir d’ échantillons à montrer aux commerçants locaux.

La peinture sur tissus est aussi proposée dans nos centres d’Ukimath et d’Augustiamuni. À Guptakashi, le prochain cours sera un cours d’informatique pour débutants. Je crois savoir que les 20 places sont déjà réservées.

-Scotti

Nouvelles d’Uttarakhand

Chandrapuri avant et après

Publié le 28 mars 2014. Mots-clés: uttarakhand

Chandrapuri, le village où nous avons débuté les projets de construction de logements lancés par Amma, est en fait composé de deux villages situés de part et d’autre de la Mandakini, jadis reliés par un beau pont suspendu. Nous sommes en train de bâtir des maisons à Batwadi, sur la rive est, en face de Chandrapuri – qui est sur la rive ouest.

Cette semaine, une famille nous a montré quelques rares photos de Chandrapuri datant d’avant les inondations. J’ai essayé de me rendre sur les sites photographiés pour voir ce qu’ils sont devenus aujourd’hui mais beaucoup ont été engloutis. Je n’ai pas pu m’approcher d’avantage.

Avant et après

#1 Le magnifique pont suspendu et la large bande de terre qui s’étendait au-delà ont tout simplement disparu. La maison bleue endommagée que l’on voit encore aujourd’hui était en fait construite très en retrait. Elle était séparée de la rivière par des murs, un large sentier pédestre et des grands arbres. On l’aperçoit en partie derrière la pile gauche du pont.

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#2 Tout ce qui se trouvait sur les 200 mètres en amont de la maison bleue a été détruit : maisons, usines, ainsi qu’un temple populaire dédié à Durga.

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#3 On peut constater l’ampleur des dégâts du haut de la colline qui surplombe la vallée.

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#4 Derrière les maisons longeant la rivière, s’étendaient jadis de fertiles terres agricoles. Désormais on n’en tire plus que du sable.

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D’autres nouvelles de Chandrapuri demain.

– Scotti

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Une chaîne solidaire

Mis en ligne le 23 février 2014. Tag : uttarakhand – Source

Le 23 février dernier, les étudiants japonais ont fait leur première journée entière de séva en Uttarakhand. Le travail du jour consistait à récolter des pierres et du sable dans le lit de la rivière et à les transporter jusqu’au village de Batwadi Sonar afin d’y construire une salle de réunion. Le sable et les pierres constituent les matériaux les plus fréquemment utilisés pour la construction de maisons neuves et on les trouve par chance à portée de main dans le lit de la rivière. La seule difficulté résidait dans le fait qu’il fallait les acheminer jusqu’au chantier, 500 mètres plus haut, par un chemin en lacets très abrupt.

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Les volontaires ont donc commencé dès le matin à se rendre dans le lit de la rivière, à y prendre des pierres aussi grosses que possible et à les transporter, pour les uns sur la tête, pour les autres attachées dans le dos à l’aide de cordes à la manière des porteurs locaux, tandis que d’autres encore les prenaient simplement dans les bras. Au début bien sûr, lorsqu’ils soulevaient une pierre, cela semblait facile et réalisable, mais après plusieurs centaines de mètres d’ascension, le poids de la pierre semblait avoir doublé, et en arrivant au sommet, il leur semblait qu’ils n’auraient pas pu la porter une seconde de plus, sans quoi les bras leur en seraient tombés ! Après quelques allers-retours, la plupart des bénévoles étaient déjà exténués et il semblait évident qu’ils ne pourraient continuer de la sorte bien longtemps.

Quand elles les ont vu arriver au village, les villageoises ont remarqué leur état d’épuisement. Ont-elles été inspirées par les efforts fournis par les étudiants japonais ou ont-elles senti qu’il était temps de venir à la rescousse ? Toujours est-il que les femmes du village ont tout à coup formé une petite escouade et se sont elles aussi dirigées vers la rivière. C’est alors qu’il s’est produit quelque chose de vraiment très beau.

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Malgré la barrière de la langue et deux façons de procéder radicalement différentes, la joie et le sentiment de travailler en équipe sont nés immédiatement. Les étudiants ont été impressionnés en voyant les femmes porter les pierres en équilibre sur la tête et grimper la pente raide sans efforts apparents. Arrivées en haut, elles passaient alors les pierres ainsi transportées aux étudiants, tout cela au milieu des sourires et des rires provoqués par les tentatives de communication – les femmes essayant de prononcer quelques mots en japonais, et les Japonais faisant de même en Hindi.

Après avoir récupéré les pierres apportées par les villageoises, les étudiants ont fait deux équipes, la première se chargeant de parcourir une certaine distance avec les pierres avant de les confier à l’équipe suivante, et ainsi de suite, tout le long de la pente jusqu’à ce que les pierres parviennent au sommet. Ils auraient aimé faire la chaîne mais il n’y avait pas assez de bénévoles pour couvrir la distance.

Lorsque les japonais sont revenus après la pause déjeuner, il était temps pour les villageoises d’aller vaquer à leurs activités quotidiennes habituelles et il a semblé pendant un instant que les étudiants allaient de nouveau se trouver livrés à eux-mêmes face à leur dur labeur. Ils sont redescendus dans le lit de la rivière et se sont mis à remplir des sacs de sable à remonter jusqu’au village. Mais avant qu’ils aient eu le temps de vraiment commencer à transporter les sacs, un nombre croissant de villageois a afflué à la rescousse. Cette fois, c’était au tour des jeunes du village de venir aider à la sortie de l’école.

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En rentrant chez eux, beaucoup d’élèves en uniformes, leurs livres sous le bras, ont croisé les étudiants japonais. En voyant toute cette agitation, ils ont couru chez eux déposer leurs affaires et se changer pour venir aider à leur tour. Une chaîne humaine, forte au bas mot d’une centaine de personnes, s’est mise en place ; tous chantaient et riaient en se passant des sacs de sable de plus en plus haut. Quelle célébration réellement enchanteresse ! Comme la chaîne restait malgré tout trop courte pour atteindre le village, ils faisaient passer une grosse quantité de sacs en bout de chaîne, puis la chaîne se reformait à partir de ce point, et ainsi de suite jusqu’au sommet. Puis toute la chaîne retournait en bas et recommençait. À chaque arrivée de la chaîne au centre du village, un attroupement se formait pour partager l’enthousiasme général. Des enfants en bas âge et des personnes âgées observaient tout cela avec de grands sourires. Les femmes qui avaient apporté leur aide le matin et allaient aux champs couper de l’herbe pour nourrir les buffles marquaient également une pause.

La « fête » du travail se termina enfin tandis que le soleil déclinait derrière les montagnes avoisinantes. Qui aurait pu imaginer que monter la côte en transportant des pierres et des sacs de sable toute la journée pourrait se transformer en célébration ?

La fête continue demain….

– Gautam

Tout le monde aime les défilés

Posté le 23 février 2014. Tags: uttarakhand

En temps normal, la seule et unique route de Chandrapuri est déjà encombrée ; mais si vous ajoutez trois cars d’étudiants japonais, tous les enfants en âge d’aller à l’école, des banderoles, des guirlandes, des tambours et des trompettes, vous aurez un vrai chaos.

Les écoliers ont eu vite fait de se faufiler dans une étroite ruelle entre deux bâtiments. Le défilé a commencé à grimper la pente raide qui mène au collège. La plus grande place de la commune ne suffisait pas à contenir la foule. Il y a eu des discours, des chants et de superbes pancartes de bienvenue brandies par les élèves.

Nous avons redescendu la côte. Comme les bus n’arrivaient pas, notre parade a quitté le village et nous avons continué à défiler, toujours avec les drapeaux et au son des tambours, le long de la bande de route emportée par les eaux, autrefois bordée de centaines de maisons. Une entrée en matière qui montrait parfaitement aux voyageurs pourquoi ils étaient là. Nous sommes allés jusqu’à l’hôtel Monika où tout le monde a pu se restaurer et se reposer.

– Scotti

Effondrement de la route

Publié le 18 février 2014. Mots-clés : uttarakhand – Source

De peur que l’on oublie à quel point les transports sont délicats dans les zones inondées de l’Uttarakhand, la route principale s’est fissurée à seulement quelques centaines de mètres de notre ashram. Au cours des dernières 24 heures, sans qu’il ait plu, le dernier pan de la chaussée s’est effondré. La route est si étroite qu’à une quinzaine de centimètres près, les roues arrières des bus et des poids lourds peuvent glisser dans la rivière. En l’absence de soutènement, ce n’est qu’une question de temps ou d’arrivée de la prochaine pluie avant que la route ne continue de s’effondrer.

La circulation reste cependant normale, comme si de rien n’était. Personne ne s’alarme. Aujourd’hui, il fait beau et advienne que pourra demain. Ainsi va la vie à Chandrapuri.

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– Scotti

Préparatifs pour les étudiants japonais

Publié le 18 février 2014. Mots-clés : uttarakhand – Source

Nous assumons tous des tâches supplémentaires pour préparer l’arrivée des étudiants japonais. J’ai passé ma première journée entièrement consacrée à véritablement travailler sur le chantier de construction. Malgré mes nombreuses erreurs, j’ai été très content de participer activement à la construction de la maison de quelqu’un.

Shishupal (l’homme à droite) participe bénévolement à la construction de la maison de sa fille

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Bunilal et Kamal m’ont empêché de faire trop d’erreurs

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Voici ce qu’on appelle la place du marché, car elle se trouve juste derrière le plus grand quartier commerçant de Chandrapuri. Nous y construirons quatre maisons. Par terre, il y a des tiges d’acier de divers calibres d’une douzaine de mètres de long. Nous devons couper à la bonne longueur les tiges que nos étudiants japonais assembleront pour former les armatures de 33 colonnes de béton, avant de couler le béton.

– Scotti

Le bruit de l’eau

Posté le 18 février 2014. Tags: uttarakhand – Source

Quand on vit au bord d’une rivière, entendre le bruit de l’eau fait partie de la vie. Le pêcheur qui habite sur la côte entend les marées de l’océan comme il s’entend respirer. Celui qui habite au bord du Gange entend le flot ininterrompu du fleuve comme il entend les battements de son cœur. D’habitude, ce fond sonore est une présence constante et stable. Mais telle une soudaine crise cardiaque qui frappe sans prévenir, il arrive que le gargouillis constant et apaisant des flots se change en de chaotiques et violents grondements de rage et de douleur.

La côte du Tamil Nadu et les vallées himalayennes de l’Uttarakhand semblent être aux antipodes. À première vue, ces deux régions situées aux deux extrémités du sous-continent indien semblent n’avoir rien en commun… mais elles ont toutes les deux de l’eau, un flot constant d’eau – et à deux reprises, elles ont eu un excès d’eau tragique.

La dernière fois que j’ai aidé à coordonner la visite des bénévoles japonais, c’était à Nagapattinam, au Tamil Nadu. Les étudiants étaient venus participer aux opérations de secours d’urgence après le Tsunami. Je suis ici en Uttarakhand depuis quelques jours et je ne peux m’empêcher de constater que les dégâts sont similaires.

Il y a tant de scènes surréalistes, des choses sorties de leur contexte habituel : une voiture sur un toit là où il n’y a pas de route, un lit là où il n’y a pas de chambre, les murs d’une maison là où il n’y a pas de fondations. Mais les dégâts invisibles sont encore plus accablants – là où la violence et les ravages du tsunami ont totalement rayé des endroits de la carte – là où il ne reste littéralement plus rien.

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Au-delà de ce qui est visible, il faut s’attarder dans un endroit pour comprendre comment les ravages ont opéré en profondeur. En parlant aux survivants, on apprend que certaines maisons ont été épargnées, mais qu’elles ont perdu un ou plusieurs membres de la famille. On apprend aussi que le propriétaire d’un hôtel a eu la chance de ne pas perdre son gagne-pain, mais ne voit plus aucun touriste parce que désormais les voies d’accès tiennent plus du chemin de randonnée que de la grand-route.

Ainsi, dans ces deux endroits, après le bref mais terrible tintamarre qui a signé la destruction soudaine, l’eau a repris son débit normal et apaisant. Elle est redevenue une composante constante de la normalité que ces gens ont toujours connue. À ce stade, les habitants ont choisi de continuer à vivre, de reconstruire leur vie et de sourire. Pour autant que j’ai pu m’en rendre compte, en quelques jours, dans ces villages de l’Himalaya, comme autrefois dans les régions côtières du Tamil Nadu, les gens ont repris le dessus à une vitesse vraiment surprenante. Quelques mois à peine après une telle catastrophe, nous ne rencontrons ici que chaleur et beauté, tous sourient et rient. C’est facile d’envier la résilience, le courage et la simplicité avec laquelle ces gens font face tous les jours à la vie. Si l’on ne voyait les routes détruites et les débris jonchant les alentours, personne n’imaginerait que ces gens viennent de subir pareille catastrophe.

– Gautam

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Le nouvel ancien Kalari

Publié le 04 mars 2014 – Source

L’ancien Kalari (ou temple de Krishna) est probablement l’endroit le plus précieux et le plus spécial d’Amritapuri … Personne ne se rend à l’ashram sans aller dans ce petit endroit béni à nul autre pareil, soit pour participer aux pujas qui s’y déroulent, soit simplement pour s’asseoir et méditer un moment.

Il y a bien longtemps, quand les visiteurs affluèrent chaque jour plus nombreux pour rencontrer Amma et être en sa présence, le père d’Amma n’eut que la petite étable juste à coté de la maison familiale à lui offrir pour accueillir les visiteurs et les premiers dévots … On déplaçait tout simplement les vaches et Amma s’asseyait sous la véranda pour rencontrer les gens et donner le darshan. Plus tard, l’étable à été divisée en deux parties : le devant étant réservé exclusivement à Amma, et l’arrière aux vaches… Un muret séparait les deux parties et, de temps en temps, Amma caressait les vaches tout en accueillant les visiteurs.

L’ancien Kalari – Début des années 80

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Plus tard, on a coulé une dalle en ciment, construit des murs, posé un toit de chaume et une porte d’entrée. Ainsi donc, à partir des années 80, l’étable a pris l’aspect d’une paillote. Plus tard, on ajouta une véranda devant pour les séances de bhajans, le service des repas prasad et la méditation. (La « véranda » existe encore aujourd’hui, mais elle abrite maintenant le foyer pour les pujas.)

Le Kalari au milieu des années 80 (avec la véranda).

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Finalement la paillote devint le « Temple » – exclusivement réservé à l’usage d’Amma. On l’a également appelé le Temple de Krishna, car une statue du Dieu surplombait la porte. Pendant de nombreuses années, le Temple de Krishna constitua « l’Ashram. » C’est là qu’Amma donnait le darshan, les Devi et Krishna bhavas, qu’elle chantait les bhajans, accueillait les gens et méditait avec eux. C’est seulement quand la place vint à manquer et qu’il devint impossible pour tous les dévots de voir Amma pendant le darshan, qu’on construisit une autre maisonnette plus grande, à proximité du Temple de Krishna pour le darshan d’Amma (cette hutte fut supprimée en 1986).

Quelques années plus tard, le Temple de Kali (le bâtiment principal de l’ashram à l’entrée d’Amritapuri) commença à prendre tournure. Dès que le rez-de-chaussée fut praticable (en 1992), Amma commença à y donner le darshan et à y chanter les bhajans.

Cela fait maintenant 10 ans qu’Amma est passée à un endroit encore plus grand, et qu’elle rencontre les gens presque exclusivement dans le grand auditorium.

Le Kalari en 2013 (entouré d’autres bâtiments)

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Ceux qui sont venus à l’ashram ces 20 dernières années se souviennent du passage étroit longeant le temple de Kali et menant au Kalari, lui-même flanqué à droite et à gauche de deux autres pièces (avec portes).

Depuis décembre dernier, ceux qui reviennent à Amritapuri ont l’agréable surprise de voir que ces deux bâtiments adjacents ont été démolis, pour dégager un bel espace autour du Kalari. Tel a été le fruit des réflexions d’Amma et son souhait… Un paysage réjouissant où se ressourcer…

Le Kalari en 2014 ( sans rien autour, comme autrefois)

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Puja ayant eu lieu dans le Kalari en février 2014

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L’ancien Kalari est de retour, tout seul sans rien autour !

Le nouvel ancien Kalari rénové, là où tout a commencé, il y a bientôt quarante ans !

Priyan

Apprendre et enseigner

Publié le 09 Février Tags :2014 – Source

J’ai essayé de mettre en avant certains des aspects positifs de la vie rurale d’ici. Nous apprenons beaucoup au contact de la population locale mais nous avons également beaucoup à leur enseigner. Hier, j’ai regardé une dizaine de femmes âgées qui apprenaient à écrire pour la première fois. Leurs visages rayonnaient de la joie de pouvoir apprendre quelque chose de nouveau à ce stade de leur vie.

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Le programme communautaire éducatif d’Amrita s’appelle AmritaRITE (Éducation sur tablette en milieu rural en Inde.) Il commence avec l’Anganwadi (école maternelle du matin) – déjà bien en place. Nous aidons les enseignants par le biais de nos programmes sur tablettes qui offrent un soutien en lecture, écriture, maths et connaissances générales. Des dessins animés et des jeux interactifs font passer des messages : éducation basée sur les valeurs, conseils pour cultiver la conscience sociale et gestes de santé et d’hygiène.

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Si l’enseignante le souhaite et si elle en est capable, nous l’embaucherons également pour donner des cours l’après-midi : alphabétisation pour les adultes de 15h00 à 16h00 et de 16h à 17h45, cours particuliers pour les enfants d’âge scolaire que les familles n’ont pas les moyens d’inscrire à des cours privés. Cinq villages ont déjà mis en place cette série de programmes, et d’autres attendent impatiemment l’arrivée de nouvelles tablettes. A terme, 38 villages profiteront des programmes AmritaRITE.

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Scotti

Notre vie d’«Ashram»

Posté le 22 janvier 2014 de l’Uttarakhand – Source

Notre « Ashram » se trouve sur la route principale, au nord de Chandripuri, juste en dessous de Batwadi Sonar, le village à flanc de coteau où nous sommes en train de construire des maisons. Nous vivons dans 2 bâtiments distants d’environ 1 km que nous avons surnommés Ashrams A et B. L’ « Ashram A» se compose de 4 petites pièces au rez de chaussée d’un bâtiment qui a manqué – à 1 mètre près ! – de voir ses fondations sapées et de s’ébouler dans la rivière ; nous y disposons de 2 espaces de couchage, d’une petite cuisine et d’une salle de bains. Un antique chauffe-eau à gaz a été apporté de Delhi pour la toilette. L’« Ashram B » est une simple chambre à l’Hôtel Monika, l’un des rares dans la vallée à avoir été épargné. Nous avons tout juste la place de mettre 4 lits côte à côte. De temps en temps, nous faisons un feu de camp dehors pour faire bouillir une grande marmite d’eau pour la toilette.

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Umesh, notre cuisinier, travaille aussi sur le chantier. Il est le chef de la minuscule cuisine. Nous mangeons bien, nous buvons beaucoup de chaï, et il y a une sorte de super pickle dont je parie qu’il vient du sud de l’Inde.

Les jours sont courts, premières lueurs de l’aube à 6h30, mais il faut attendre 9h pour que les premiers rayons du soleil réchauffent la vallée. À 16h30, le soleil disparaît derrière une montagne et il commence à faire froid. Après le dîner, nous filons immédiatement au lit et nous nous glissons tout habillés sous de lourdes couvertures. Comme il n’y a pas de chauffage, la température est presque la même à l’intérieur qu’à l’extérieur. Il gèle la nuit, mais dès que le soleil se lève, il fait vraiment beau dans la journée et la température est agréable.

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C’est une joie d’aller la nuit à pied de A à B sous des étoiles que je n’avais jamais vues auparavant. La lune est presque pleine, nous pouvons donc marcher sans lampe torche, sauf pour un court moment à un endroit plus risqué. Nous ne voyons plus les ruines et nous avons seulement la forêt pour compagne. Il n’y a pas de circulation et nous n’entendons que la rivière et les cloches des ânes. Les villageois nous ont parlé d’un léopard qui rode dans les environs, mais pour l’instant personne n’a encore été mangé en chemin !

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Nous nous déplaçons en bus ou le plus souvent nous faisons du covoiturage dans des jeeps où 12 personnes peuvent tenir bien serrées ! La moitié des routes ne sont que des déviations sur des chemins de terre qui serpentent en lacets à flanc de montagne. Chaque jour, je remercie deux fois Dieu : je vis ici une merveilleuse expérience et je n’ai pas vomi dans la jeep !

Scotti

Les travaux doivent avancer

Posté le 15 janvier 2014 – logements gratuits à Uttarakhand – Source

Comme beaucoup de terrains situés sur les berges ont été perdus, on ne peut construire que sur les hauteurs qui surplombent la rivière. Dans cette vallée, la densité de population est assez élevée, et toutes les terres favorables sont déjà occupées par des maisons ou des champs. Il est impossible de trouver une parcelle d’un seul tenant sur laquelle construire 50 maisons dans de bonnes conditions.

Les débris se sont accumulés dans le lit de la rivière sur plus de 9 mètres de hauteur.
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Pour l’instant, notre première maison se construit au milieu de rizières et de champs de moutarde en terrasses. Tous les matériaux de construction sont déposés sur la route principale. Des mules ou des porteurs népalais surgissent pour transporter sur leur dos du sable, des graviers, du ciment, des briques et des barres d’acier en haut de la pente escarpée. Un porteur peut gagner 20 roupies pour 35 briques. S’il est costaud, il peut faire 30 chargements par jour et gagner 600 roupies, soit environ 7.5 euros.

Un porteur népalais grimpe avec les briques sur le dos
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Première chose à faire : une puja pour bénir chaque parcelle de terrain. Ensuite Swami Premamrita veille personnellement aux mesures des fondations. Il est difficile de creuser car, même dans la pente, le sol se compose d’un mélange de terre et de gros galets de rivière ronds. Pour l’instant, nous n’avons que 3 ouvriers, Babalu, Chitra et Umesh ; ce dernier fait également office de cuisinier. Tous les travaux sont réalisés à la main, aussi bien les coffrages en contreplaqué que la coupe des tiges de fer à béton et le mélange du ciment.

Bhoomi Puja – Puja pour préparer la terre avant la construction
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J’ai été très surpris de voir que Shanti Devi, la future propriétaire de la première maison, travaillait chaque jour sur le chantier. Sans faire de bruit, elle aide à transporter le sable, le gravier ou l’eau, au gré des besoins. Elle a perdu sa maison, son mari, un fils et 2 mules dans les inondations. Elle habitera dans la maison avec le fils qui lui reste.

Shanti Devi sur le chantier de sa future maison
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Il faut l’eau et l’électricité pour que Swamiji puisse commencer la maçonnerie. Il y a 10 jours, la municipalité a accepté de procéder aux branchements, mais rien n’arrivait. Swamiji leur a donné 48 heures, sinon il « serait ravi de rentrer au Kerala pour s’asseoir aux pieds d’Amma. ». Le lendemain, eau et électricité étaient branchés.

– Scott

Nouvelles parcelles et nouveaux ouvriers : les travaux vont très bientôt avancer plus vite.

Réhabilitation dans l’Himalaya

Début des travaux de réhabilitation dans la vallée du Kedar, dans l’Himalaya.

Posté le 12 janvier 2014. Tags: uttarakhand

Le 29 décembre – Source

PHOTO : Début de la construction de maisons dans la vallée du Kedar

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J’ai quitté le confort relatif de Rishikesh afin d’évaluer l’aide apportée par le Mata Amritananda Math aux victimes des inondations de juin 2013 qui avaient ravagé la vallée du Kedar, dans l’Himalaya. Amma y avait immédiatement dépêché une unité médicale depuis le Kérala. Aujourd’hui, les travaux de construction de 500 maisons ont commencé et un plan de soutien à long terme est mis en place dans le domaine de l’éducation et de la formation continue.

PHOTO : Mise en place d’un projet d’éducation et de formation continue via des tablettes fournies par Ammachi Labs.

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Ici, les rochers des collines ne sont pas stables et certains glisseront bientôt dans la rivière en contrebas. Cette année, les dégâts ont été énormes. Au sortir de Rudrapryag, dans la vallée du Kedar, la route vers le nord était très endommagée. On peut à nouveau l’emprunter désormais grâce à des chemins de terre temporaires tracés aux endroits des glissements de terrain.

Les travaux de consolidation ont à peine commencé mais je crains fort que la plupart de ces réparations de fortune ne résistent pas à la prochaine mousson et s’éboulent dans la rivière.

PHOTO : La rive ouest de Chandripuri autrefois reliée par un pont

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La rivière n’est pas très large à cet endroit. Là où les flots ont balayé des maisons, des échoppes et des terres agricoles fertiles, il ne reste plus qu’un énorme amas de débris pierreux. Je peux tout juste photographier les contours d’une maison dont la moitié a été emportée. Les dégâts réels sont plus de 1000 fois pires que ce qui est visible.

PHOTO : Un trajet ordinaire dans la vallée du Kedar.

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Au-dessus de la zone inondée, tout a l’air à peu près normal. Les villages sont en activité, les échoppes sont achalandées. Des bus, des camions et des jeeps-taxis partagent la seule voie praticable des routes dévastées avec les piétons, les ânes et les vaches. Tous font preuve d’une patience et d’une habileté incroyables.

Il n’y a plus de touristes ni de commerces associés au tourisme. L’économie locale s’en ressent. Situés près de la rivière, la plupart des bungalows pour touristes ont été emportés par les eaux. Le nouvel hôtel, qui avait ouvert en mai et où nous étions descendus, a été détruit un mois plus tard et n’est plus qu’un amas de ruines.

PHOTO : Des travailleurs silencieux.

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La rivière aussi fait des dons. Elle offre gratuitement des pierres, du sable et du bois. Une armée de travailleurs, népalais pour la plupart, remonte ces matériaux à dos d’hommes. Les ouvriers sont logés dans des camps provisoires. Il y a des mules partout.

Je vais donc vous montrer, photo après photo, le plus beau des paysages barré de gris en son milieu : glissements de terrain rafistolés avec des routes de fortune, demi-maisons par dizaines. Mais la vie reprend au jour le jour avec une grâce indicible.

Je remercie chaque jour Amma de me donner la chance extraordinaire d’être le témoin du travail qu’Elle accomplit.

Scotti

Devi qui aime les noms

Posté le 3 janvier 2014 – Source

Devi, la forme de la Mère Divine est glorifiée dans les écritures Hindoues sous divers noms. Sous sa forme de compassion, on attribue au Soi sans forme et sans nom le nom de Mère. Nous en avons eu de beaux rappels hier.

Amma avait donné le Darshan pendant plus de 10 heures. Le hall était bondé. Quand quelqu’un libérait un espace près d’Amma, plusieurs personnes essayaient de s’y installer. Le Darshan se terminait. Swami s’était approché d’Amma pour guider quelques dévots qui allaient faire la pada puja. Après environ une demi-heure, Amma se leva lentement et fit quelques pas. Comme des gosses sans retenue, quelques enfants occidentaux se mirent à crier : « Name … Name » car ils voulaient qu’Amma leur donne un nom spirituel. Amma fit quelques pas en arrière. Sans s’asseoir, elle commença à choisir et dédier des noms à quelques dévots occidentaux. Elle choisissait un nom et montrait du doigt certains visages. Amma choisit en général des noms en référence à une qualité divine ou à la divinité elle-même.

Après quelques instants, Amma dit qu’elle donnerait d’autres noms une autre fois. Des mines s’allongèrent. Immédiatement Amma dit : « Enfants donner un nom, ça ne se fait pas comme ça. Il faut aussi tenir compte des Samsakaras du passé. » Amma désigna tout de même plusieurs visages avides et décerna de beaux noms en dépit de son intention de s’arrêter.

Amma dit : « La pureté mentale viendra à travers la répétition constante du nom divin. » C’est peut-être la raison pour laquelle Sri Lalita appelle Devi : « celle qui aime la répétition de ses noms. » En effet, Amma semblait heureuse et souriante d’avoir donné tant de nouveaux noms à ses enfants.

(pour en savoir plus sur ce que dit Amma à propos des noms spirituels)

-Shyam

L’amour inspire et relie les cœurs à Milan

Publié le 18 décembre 2013 – Source

Le week-end dernier, je fus témoin d’une expression – quoiqu’en action – d’Amma. Elle nous dit : « Être capable de voir notre propre Soi dans chaque être vivant tout en gardant les deux yeux grand ouverts – c’est cela la réalisation du Soi. Nous devons nous voir dans les autres, les aimer et les servir. C’est le summum de la pratique spirituelle. »

A la fin du tour d’Europe, alors que j’étais resté en Italie pour m’occuper de quelques collaborations universitaires, Sukhrita, la coordinatrice du groupe de pratiques de Milan, m’avait invité un samedi à faire quelque chose de très intéressant. Elle était passée me prendre en voiture et m’avait expliqué que, ce samedi, le groupe de pratiques ne se réunirait pas pour un satsang habituel. Ce week-end, ils allaient se retrouver dans une résidence pour personnes en situation de handicap, pour qui l’approche de la période des fêtes s’avère parfois difficile car ils ne reçoivent pas beaucoup de visites. Nous avons traversé Milan pour nous rendre à cette résidence. La vie et les paroles d’Amma sont d’autant plus inspirants qu’Amma donne l’exemple, m’expliqua-t-on pendant le trajet. Nous avons garé la voiture sur le parking, où nous attendait une personne paralysée de la taille jusqu’aux pieds. Un habitué, me dit-on. Il était venu par ses propres moyens, tout seul, en voiture adaptée. Quand je lui proposai de l’aider à sortir son fauteuil roulant, il me répondit poliment qu’il pouvait se débrouiller tout seul. Comme j’insistai, il me laissa l’aider. Nous fîmes quelques pas jusqu’à la résidence.

Quand la porte s’ouvrit, nous fûmes salués par des cris de joie. Tout le monde nous attendait et vint nous accueillir à la porte. Malgré leurs mouvements limités, tous manifestèrent un enthousiasme sincère. L’un des plus adorables me demanda comment j’allais et si c’était la première fois que je participais au satsang car il ne m’avait jamais rencontré. Je fus extrêmement impressionné par l’affection qu’ils témoignèrent aux habitués. Ils s’étreignaient, souriaient, riaient. L’un d’entre eux éclata même en sanglots en nous voyant. Le responsable eut aussi la très délicate attention de nous remercier personnellement. Tout le monde s’assit et le groupe commença la séance en chantant en cœur Everyone in the world en italien. Les lèvres bougeaient en mesure – ce n’était pas la première fois qu’ils chantaient ce chant : certains bhajans leur étaient familiers car ils les pratiquaient depuis plus d’un an et demi. L’un des participants commença à gémir et les autres déployèrent des efforts émouvants pour le réconforter.

Après une courte pause, on passa à un autre bhajan. Ils applaudissaient à tout rompre à la fin de chaque chant. Après la séance de bhajans, ils voulurent tous nous chanter quelque chose : surtout des chants traditionnels italiens ou des chansons célèbres en patois local. A un moment, ils mimèrent toutes les paroles d’un chant et à un autre, trois d’entre eux esquissèrent des pas de danse classique avec certains membres du satsang. L’un des dévots leur offrit des bracelets Embracing-The-World, qu’ils mirent immédiatement. C’était merveilleux de les voir rire. Leurs irrésistibles fous rires firent de cette rencontre un moment inoubliable.

Une fois le calme revenu, ils s’amusèrent à se faire photographier avec les membres du satsang. Chaque moment semblait unique. Certains embrassaient leur doigt avant de le poser sur la photo d’Amma en couverture du livre de bhajans. En tant que visiteur occasionnel, j’ai été très étonné de constater qu’Amma est une immense source d’inspiration transcendant les nations, les religions, les langues et les cultures. En effet, comme elle le dit elle-même : « L’amour et le désintéressement sous-tendent toute action d’une véritable grandeur. Il y a toujours à la source des grandes causes quelqu’un qui a renoncé à tout pour s’y consacrer. » Ce fut une véritable révélation pour moi de voir l’engagement des enfants d’Amma dans cette résidence et la portée de l’amour et du dévouement d’Amma. Amma et ses enfants montrent vraiment l’exemple de la connexion des cœurs !

– Shyam

La Conscience Suprême arrive à Amritapuri

Amritapuri, le 2 décembre 2013 – Source

Ce matin, l’Archana a été récité à 4 heures, une heure plus tôt que d’habitude. Peu après 5 heures, tout l’ashram faisait la haie, du portail jusqu’à la chambre d’Amma, pour son arrivée prévue entre 6 heures et 6 heures 30. Même les gens habituellement incapables de faire deux minutes de queue sans se plaindre ou passer devant les autres, attendaient patiemment, en récitant paisiblement leur mantra, qui plus est !

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